lundi 1 juin 2026

15 - C'était la guerre

C’était la guerre, avec des étoiles de mort dans le ciel.
 
Et dans nos bouches amères, une saveur de miel et de sang. Le goût enivrant d’une agonie cruelle et pourtant si douce.
 
Notre tombe sous l’orage en somme, couverte de fleurs vénéneuses...
 
Mais belle malgré tout, illuminée par des nuits peuplées de rêves étranges.
 
C’était la guerre et nous nous envolions, innocents. Nous qui étions si féroces.
 
Sous la mitraille, les obus, le feu, il y avait l’extase. Au-dessus de nos têtes, des éclairs. Sous nos pieds, le fer, l’ombre et les râles. A l’horizon, une brume infinie.
 
C’était la guerre et l’amour planait. Et les balles sifflaient. Et les bombes tombaient.
 
Et nous riions, heureux de vivre, heureux de mourir à n’en plus finir...
 
Nous avions des armes et nous avions des ailes. L’exaltation nous emportait.
 
Et nous brûlions pour la France, et nous chantions en chiant dans nos pantalons. La trouille se mêlait à la joie, la merde à l’héroïsme, le sacrifice au bonheur.

C’était la guerre et il y avait de la lumière.

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L'auteur du blog

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J'ai embrassé tous les aspects du monde, du gouffre le plus bas au sommet le plus glorieux, de l'anodin au sublime, de la bête au divin, du simple caillou à qui j'ai donné la parole jusqu'au fracas galactique que j'ai réduit au silence devant un battement d'aile. Je suis parti du microcosme pour me hisser jusqu'aux astres, sans omettre de poser mon regard à hauteur de vos boutons de chemise. J'ai exploré les vices les plus baroques autant que les vertus les moins partagées, je suis allé sonder les petits ruisseaux mentaux de mes frères humains mais aussi les fleuves nocturnes de mes chats énigmatiques. Je suis allé chercher le feu olympien à droite et à gauche, m'attardant à l'occasion sur mes doigts de pied. J'ai fait tout un fromage de vos mesquineries de mortels, une montagne de mots des fumées de ce siècle, un pâté de sable de vos trésors. L'amour, la laideur, la solitude, la vie, la mort, les rêves, l'excrément, le houblon, la pourriture, l'insignifiance, les poubelles de mon voisin, le plaisir, le vinaigre, la douleur, la mer : tout a été abordé. J'ai survolé l'Univers d'une plume grave et loufoque, limpide et fulgurante, lucide et légère, aérienne et "enclumière".